Les sens du chat
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Dans ce chapitre, nous allons illustrer à quel point de goût et l'odorat jouent un rôle important dans les facultés de perception des chats, et à quel point ils apprécient la variété dans leur alimentation.
Les sens du goût et de l'odorat du chat, ses sens chimiques, déterminent ses habitudes alimentaires. C'est à l'aide de ces sens que le chat détermine ce qu'il aime ou n'aime pas manger. Il reniflera d'abord toute denrée alimentaire et ce n'est que si l'odeur lui plaît qu'il y goûtera prudemment. Ce n'est en outre que lorsque le goût du plat lui conviendra qu'il commencera à manger. L'odorat du chat a encore bien d'autres fonctions importantes.
Le goût
Le sens du goût réside dans la langue et le palais, et réagit de manière appropriée aux substances que l'on prend en bouche. On détermine qu'un goût plaît ou non en s'aidant de l'odorat. En effet, le goût seul n'est pas capable d'opérer une différenciation précise. La plupart des papilles gustatives qui se trouvent sur la langue du chat ont un diamètre de 30 microns. Elles se trouvent sur la surface de la langue, à la manière de papilles en forme de champignons, sous la forme de quatre à six papilles placées en rang, comme une enceinte, à l'retour de la langue. Presque tout ce que nous savons du sens du goût chez les chats provient de recherches neurophysiologiques et des Universités Vétérinaires. À l'inverse de ce qui se passe pour l'audition, la vue et l'odorat, il existe peu d'études sur le goût. Divers nerfs sont impliqués dans la communication de sensations d'ordre gustatif. Le nerf optique (Nervus facialis) n'est responsable que des papilles gustatives des deux tiers de la partie antérieure de la langue. L'autre partie de la langue doit donc être alimentée par d'autres nerfs. C'est là qu'entrent en ligne de compte, par exemple, le Nervus trigeminus et le Nervus glossopharyngeus. Des études approfondies faites sur des chiens et des chats ont démontré que la spécialisation du système gustatif s'est développée au cours de l'évolution. Chez les chats, la plupart des nerfs du goût réagissent à de nombreux acides aminés (éléments constitutifs des protéines). À l'inverse des chiens, les chats ne sont d'ailleurs pas intéressés au sucre.
Le sens du goût qui réagit aux nucléotides (les éléments constitutifs de la matière héréditaire) se manifeste essentiellement chez les animaux carnivores. La raison en est que leur alimentation, à savoir des tissus animaux, est extrêmement riche en nucléotides. La perte de la sensation du 'doux' (le sucre par exemple) peut être, chez les chats, une adaptation extrême à la consommation de viande. On constate que les unités d'acides aminés sont impliquées dans l'établissement d'une différenciation entre les types de viande et les diverses qualités de nourriture. Le chien dispose de la possibilité de reconnaître le sucre, les plantes, les fruits et d'autres mélanges gustatifs, parce qu'il est un carnivore moins spécifique que le chat. La grande différence qui existe entre les chiens et les chats, d'une part, et la plupart des autres mammifères, d'autre part, est l'absence manifeste de papilles gustatives dédiées au sel. Comme le sodium constitue la base des fonctions rénales et nerveuses, la reconnaissance du contenu en sel des aliments est une priorité pour les végétariens et les omnivores. La conséquence directe en est que toute alimentation équilibrée destinée aux carnivores a un contenu équilibré en sel.
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L'odorat
L'odorat est utilisé de deux manières différentes : de façon simple (par exemple pour renifler un objet) ou en liaison avec le goût. Les chiens et, dans une moindre mesure, les chats se fient à leur odorat dans une mesure beaucoup plus importante que les hommes. La partie du nez qui sert à identifier les odeurs est constituée d'une structure complexe située sur l'os du nez. La plus grande partie de cette surface comporte des cellules sensorielles (des cellules sensibles aux odeurs) et sert à purifier, réchauffer et humidifier l'air entrant, avant tout contact avec la zone sensible où réside l'odorat. Chez le chien, ces structures sont plus développées que chez le chat. On peut se faire une idée de la puissance de l'odorat si l'on prend en considération la surface de la muqueuse dédiée à l'odorat : 18 à 150 cm² chez les chiens (en fonction de la race), contre 21 cm² chez les chats et seulement 3 à 4 cm² chez les hommes. La muqueuse de l'odorat est d'une structure relativement simple. Elle est couverte d'une couche de mucosités séparées par de petites glandes. C'est là que les molécules d'air qui donnent lieu à l'identification des odeurs doivent se dissoudre avant de pouvoir être reconnues. Les récepteurs d'odeurs eux-mêmes se trouvent pour la plupart dans les cils vibratiles qui se trouvent à la surface de la muqueuse et sont fixés sur les cellules de réception. Tant chez le chien que chez le chat, ces cils sont plus longs et plus nombreux que chez la plupart des autres espèces animales.
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L'organe de Jacobson
L'organe de Jacobson, ou organe voméronasal (VNO), est le troisième sens chimique dont ne dispose pas l'homme. La structure de cet organe est très comparable chez les chats et les chiens. Tant les spécialistes en neurophysiologie que les chercheurs en matière comportementale citent cette fonction en relation avec le comportement sexuel. Un matou qui veut s'assurer qu'une chatte est en chaleur, et donc réceptive, va lui faire des avances. Pour cela, il aspire de l'air dans sa bouche et presse en même temps la langue sur la partie dure du palais. Il s'y trouve un organe voméronasal qui lui permet de vérifier si l'air aspiré comporte aussi des éléments attractifs sous l'angle sexuel.
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Pour conclure
- Les chats ne sont pas capables de reconnaître du sucre, mais sont sensibles aux acides aminés qui ont un goût doux.
- Les chats ne disposent pas de papilles gustatives particulières pour le sel.
Source : Bradshaw, J.W.S. (1992). Behavioural Biology, The Waltham Book of Dog and Cat Behaviour, (Ed. C. Thorne), Chap. 2, pag. 31–52. Pergamon Press, Oxford.
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